Le CINUP visite l’Ambassade du Royaume des Pays –  CINUP bezichtigt de Nederlandse Koningrijk Ambassade

Auteur : Emma Restaino

C’est dans un ancien immeuble d’habitation de cinq étages que s’est installée l’Ambassade du Royaume des Pays-Bas à Paris, aux côtés de ses délégations auprès de l’OCDE et de l’UNESCO. Établie à Paris depuis l’époque où les Pays-Bas n’étaient encore que les Provinces Unies, la représentation néerlandaise compte aujourd’hui une soixantaine d’employés, dont seulement une vingtaine sont des diplomates en tant que tels. Certains adhérents de nos associations membres ont eu la chance de pouvoir prendre part à une visite de l’ambassade, organisée par notre bureau, le 26 février dernier.

L’ambassade : comme une fourmilière d’activité

Pour nos interlocuteurs lors de notre visite à l’Ambassade, représentation, information et surtout activité consulaire sont les éléments centraux de la diplomatie. Avec plus de 60 000 résidents néerlandais en France en permanence et 1,3 millions de vacanciers de passage par an, une grande partie du travail effectué au sein de l’Ambassade consiste à s’assurer de la sécurité et du bien-être de leurs ressortissants lorsqu’ils sont sur le territoire français.

Mais ce n’est pas tout, loin de là ! L’Ambassade, forte de ses différentes sections – économique, culturelle, judiciaire et sécuritaire – développe les relations amicales entre la France et les Pays-Bas sur tous les plans.

Suite à la qualification des Pays-Bas de « Narco-Etat » par le Président Chirac dans les années 1990, une section dédiée à la Sécurité et à la Justice, directement reliée au Ministère Néerlandais de Justice et de Sécurité, a été établie au sein de l’ambassade. Constituée d’un Conseiller, d’une Chargée de Missions et de plusieurs Attachés de Police, cette section est en charge des questions d’immigration, de sécurité, de gestion de crise mais aussi des relations bilatérales policières et judiciaires et de la lutte contre le crime organisé, toujours en relation proche avec les Ministères de la Justice et de l’Intérieur français. C’est ainsi notamment qu’un séminaire entre magistrats français et néerlandais traitant de la question « Comment juger le terrorisme? » a pu être organisé. Enfin, la section Sécurité et Justice est chargée de suivre les politiques de sécurité et de justice française, de manière à informer le gouvernement hollandais des actions et positions françaises en la matière.

Ce sont également 1700 entreprises néerlandaises actives en France que l’Ambassade assiste au quotidien. La section économique met tout son cœur dans la mise en place d’accords et de partenariats commerciaux pour les entrepreneurs néerlandais en France. Leurs Altesses Royales le Roi et la Reine des Pays-Bas se sont par exemple rendus à Paris en 2016 pour une visite d’État durant laquelle des contrats d’une valeur de quelques 600 millions d’euros ont été signés.

Les diplomates de l’Ambassade : leur parcours, leur ressenti

La Porte-Parole de l’Ambassade ainsi que Mr. R. Zimmermann, diplomate travaillant au sein de la section politique, nous ont parlé de leur parcours, ainsi que de leur expérience au quotidien en tant que diplomate de carrière. La première a eu l’occasion de travailler à La Haye, à Bruxelles et à Paris durant sa carrière. Elle retournera bientôt à Bruxelles, comme porte-parole du Royaume des Pays-Bas auprès de l’OTAN. Mr. Zimmermann a, quant à lui, été affecté à La Haye aussi, mais ensuite à New Dehli avant d’être envoyé à Paris. Entre temps, il a été élève au sein Cycle International Long proposé par l’École Nationale d’Administration aux diplomates étrangers, et a eu l’occasion de faire un premier stage au sein du Quai d’Orsay et un second à Strasbourg.

Tous deux ont dû passer un concours en sept étapes pour devenir diplomate. Réparti sur huit mois, le concours comporte trois phases, testant d’abord les compétences plus académiques – culture générale, histoire, relations internationales –  , puis les langues; avant le Français était obligatoire, et maintenant c’est une langue au choix en plus de l’anglais et du néerlandais parmi le Russe, le Chinois, le Français…, et enfin, les capacités de négociation. Les mises en situation et simulations de négociations sont partie prenante du concours, un bon moyen de détecter les candidats qui savent allier au tact et à la diplomatie l’art de trouver un compromis, tout en respectant les règles et usages : les parfaits diplomates de demain, en somme ! Chaque année, ce sont quelques mille candidats qui tentent le concours, et seulement une quinzaine qui en ressort diplomate junior au sein du Ministère des Affaires Etrangères.

Interrogés sur le quotidien de leur métier et les aspects qu’ils apprécient particulièrement, ils nous ont dit aimer notamment le concept même du métier de diplomate : bouger beaucoup, rencontrer de nouvelles personnes, découvrir de nouvelles cultures et apprendre à connaître ces cultures. Être diplomate, c’est découvrir de nouveaux mondes, rencontrer des gens constamment, ont-ils affirmé. De plus, le fait de changer de travail constamment, d’aller d’un poste à l’autre, d’une section à l’autre, les force à être adaptable et c’est là bien le charme de la chose. Mr. Zimmermann aime l’aspect enrichissant et d’apprentissage constant de son métier. Enfin, et c’est peut-être là le principal pour nos interlocuteurs, être diplomate est l’occasion de travailler pour le bien collectif, de se lever chaque matin pour traiter de questions de la plus grande importance, et dans le fond, pour améliorer la vie des gens.

Un dernier conseil de nos intervenants à tous les aspirants diplomates : soyez vifs, capables de comprendre des questions complexes rapidement, mais également curieux, touche-à-tout, et surtout, doté de bonnes qualités humaines et d’empathie : soyez capable de vous mettre à la place de l’autre.